L’incontinence urinaire est une perte involontaire d’urine. Elle peut toucher les femmes et les hommes. Deux types d’incontinence doivent être différenciés :

 

  • l’incontinence d’effort où les fuites surviennent lors de la toux, lors de marches rapides, en montant les escaliers, en portant de lourdes charges ou lors du sport.

 

  • l’incontinence par hyperactivité de la vessie : on ne parvient plus à retenir les urines lors d’un besoin urgent et incontrôlable. Souvent, les mictions sont également trop fréquentes et pour de petites quantités d’urine. Les fuites peuvent survenir dans des conditions particulières, lors du contact de l’eau froide ou en arrivant chez soi (« signe de la clé »).

 

Ces deux types d’incontinence peuvent être associés et une évaluation complète est nécessaire pour décider du traitement.

 

Les facteurs favorisants l’incontinence seront recherchés parmi vos antécédents médicaux, chirurgicaux, obstétricaux (grossesses et accouchements), vos traitements, votre pratique de certains sports. On rapportera également d’éventuels troubles du transit ou des pertes involontaires de selles (incontinence anale).

Un examen clinique en position gynécologique avec la vessie pleine sera effectué afin de constater les fuites et rechercher d’éventuels facteurs favorisants les fuites, dépister des troubles neurologiques. On recherchera une éventuelle descente d’organe associée (ou prolapsus) (Voir Prolapsus).

 

En fonction des résultats de la consultation, votre urologue pourra demander des examens complémentaires : analyses d’urines (ECBU, cyto-pathologie urinaire), échographie, calendrier mictionnel, cystoscopie (examen de la vessie par caméra sous anesthésie locale), bilan urodynamique, IRM pelvienne dynamique…

 

+ Fiche PDF AFU Cystoscopie

+ Fiche PDF AFU examen urodynamique

 

La Clinique du Pré dispose d’une Unité de Pelvi-périnéologie qui permet un accueil et une écoute personnalisée par notre équipe soignante. Cette unité permet un bilan adapté et une prise en charge spécifique et optimale pour chaque patient. Les cystoscopies et les bilans urodynamiques y sont effectués dans des salles dédiées par une équipe spécialisée.

 

Traitement de l’incontinence urinaire d’effort chez la femme

 

En première intention seront proposés :

 

– une rééducation périnéale (auprès d’un kinésithérapeute ou d’une sage femme)

– des conseils hygiéno-diététiques (régime en cas de surpoids par exemple, le surpoids augmentant le risque d’incontinence urinaire)

– des traitements locaux (ovules et crèmes vaginaux en cas de sécheresse vaginale)

 

En deuxième intention :

 

En l’absence d’amélioration, sera discuté un traitement chirurgical. Le traitement chirurgical actuel de référence est la bandelette sous-urétrale (TOT ou TVT). Cette bandelette synthétique est placée sous l’urètre (canal permettant d’uriner) qu’elle va soutenir comme un hamac. Le taux de succès des bandelettes est de 85 à 90%. En cas de descente d’organe associée (prolapsus), celle-ci devra également être évaluée voire pourra être traitée dans le même temps opératoire.

 

+ Fiche PDF AFU cure d’incontinence urinaire d’effort (pose d’une bandelette sous urétrale)

 

En cas d’incontinence par insuffisance du sphincter vésical :

 

Le plus souvent, l’incontinence urinaire à l’effort est liée à un col de la vessie trop mobile (hypermobilité cervico-urétrale), mais peut également être lié à une faiblesse du sphincter de la vessie. Dans ce cas, la pose d’un sphincter artificiel de continence peut être indiquée. Le sphincter est composé d’une manchette gonflable qui permet de refermer le canal de l’urètre, d’une pompe et d’un réservoir. Chez la femme, l’implant sera posé par chirurgie ouverte (ouverture au dessus du pubis) ou par coelioscopie par de petites incisions (Voir Coelioscopie). Chez l’homme, le sphincter est placé par deux incisions au niveau du périnée et de l’aine. L’efficacité des sphincters de continence est supérieure à 90%. Les complications principales sont l’infection, les dysfonctionnement de l’implant et la migration de la prothèse.

 

Traitement de l’incontinence urinaire par hyperactivité de la vessie

 

En première intention, seront proposés :

 

– un rééducation vésicale et comportementale

– de conseils hygiéno-diététiques (arrêt des excitants comme le café et le thé, arrêt du tabac…)

– des traitements locaux (ovules vaginaux en cas de sécheresse vaginale)

– des médicaments relaxants la vessie (de la famille des anticholinergiques)

– des instillations dans la vessie (dans certaines indications particulières comme la cystite interstitielle)

 

En seconde intention, en cas d’échec de ces traitements :

 

– Neuromodulation ou neurostimulation sacrée

La neuromodulation sacrée agit comme une sorte de « pacemaker de la vessie » qui va améliorer les symptômes dans 70% des cas. Elle est indiquée après échec des traitements médicaux et de la rééducation périnéale. Avant de décider de la pose définitive de l’implant, une période de test est nécessaire avec la mise en place d’une électrode temporaire et d’un boitier externe (petit boitier fixé par une ceinture légère autour de la taille, sous les vêtements). Pour le test, une fine électrode est placée sous contrôle radiologique au bloc opératoire au niveau du sacrum, près du nerf qui régule le fonctionnement de la vessie. Nos patients quittent la Clinique du Pré le jour même (intervention en ambulatoire).

La période de test dure ensuite une quinzaine de jours en moyenne. Pendant cette période, on notera sur un calendrier mictionnel à quelle heure on va uriner et le volume de chaque miction. Si le test est positif (c’est le cas dans plus de 70% des cas), l’implantation du boitier définitif est proposée. Le boitier définitif est placé sous la peau au niveau du dos, sous anesthésie locale, et n’est pas visible. En l’absence d’amélioration des symptômes urinaires, l’électrode est retirée sous anesthésie locale.

+ Fiche PDF AFU Neuromodulation des racines sacrées

 

– Toxine botulique A

La toxine botulique A est aussi utilisée dans la vessie pour la relaxer. Elle est indiquée après échec des traitements médicaux et de la rééducation périnéale. En ambulatoire, la toxine est injectée avec une petite aiguille dans le muscle de la vessie grâce à une caméra placée par les voies naturelles dans la vessie (endoscope). Il n’y a aucune incision et l’on peut regagner son domicile le jour même. Après l’intervention, on vérifiera l’absence de blocage urinaire (impossibilité de vider la vessie) – qui peuvent parfois nécessiter temporairement de se sonder pour vider la vessie (risque < 10%) – et d’infections urinaires. La toxine botulique a un effet temporaire de 3 à 12 mois mais des injections peuvent être à nouveau programmées en ambulatoire lorsque l’effet s’estompe.

+ Fiche PDF AFU injection de toxine botulique dans la paroi vésicale

 

– L’agrandissement de vessie (entéro-cystoplastie d’agrandissement)

Cette intervention consiste à suturer un segment d’intestin grêle sur la vessie pour augmenter sa capacité.

+ Fiche PDF AFU Entérocystoplastie (agrandissement de la vessie)