Cancer de la vessie

Le cancer de la vessie représente 4% de l’ensemble des cancers. En Urologie, il s’agit du second cancer le plus fréquent après le cancer de la prostate.

Les principaux facteurs favorisants du cancer de la vessie sont le tabac et certains carcinogènes industriels. La bilharziose urinaire, l’irritation chronique de la vessie (par une sonde à demeure), la radiothérapie pelvienne ou certains médicaments peuvent également constituer des facteurs de risque.

Le plus souvent, les tumeurs de la vessie (souvent appelées « polypes de vessie») sont révélées par du sang dans les urines (ou hématurie). Une tumeur de vessie peut néanmoins également être révélée par des urgences urinaires, des mictions peu abondantes et trop fréquentes, des infections urinaires récidivantes. Elles sont parfois découvertes par hasard lors d’une échographie ou un scanner.

Pour visualiser les tumeurs de vessie, on réalise une cystoscopie. La cystoscopie est un examen réalisé sous anesthésie locale avec une fine caméra passée dans la vessie par les voies naturelles. L’examen dure une dizaine de minutes. La cystoscopie peut être réalisée sous anesthésie générale, notamment si des biopsies de la vessie sont nécessaires. Un examen d’urine (cyto-pathologie urinaire) et un scanner de l’abdomen seront également prescrits dans le cadre du bilan.

Les tumeurs de vessie sont parfois très petites ou difficiles à visualiser. Afin d’augmenter la précision du diagnostic et permettre un traitement plus efficace, la cystoscopie peut être réalisée en fluorescence (HEXVIX): la tumeur apparait alors en rose fluorescent et peut être facilement traitée sous caméra.

Tumeur de vessie visible en fluorescence (à gauche), non visible en lumière blanche traditionnelle (à droite) (Ó IPSEN France)

Tumeur de vessie visible en fluorescence (à gauche), non visible en lumière blanche traditionnelle (à droite) (Ó IPSEN France)

Chaque cas de cancer de la vessie est discuté en réunion de concertation pluridisciplinaire d’oncologie. Ces réunions regroupent les spécialistes du traitement des cancers (urologue, radiothérapeute, oncologue, radiologue, anatomo-pathologiste…).

Prise en charge des tumeurs de la vessie

– Résection endoscopique de tumeur de vessie (ou résection endo-urétrale de vessie)

Il s’agit de la première étape du traitement. On place une caméra par les voies naturelles dans la vessie, sans incision, puis on retire la ou les tumeurs par résection électrique (voire par Laser). L’intervention est réalisée sous anesthésie loco-régionale ou générale. Les tumeurs sont ensuite envoyées au laboratoire d’anatomo-pathologie pour être analysées au microscope. Les tumeurs de vessie seront classées en fonction de leur profondeur (infiltration ou non du muscle de la vessie par la tumeur) et de leur agressivité (bas grade ou haut grade). En fonction de cette analyse au microscope, votre urologue vous expliquera si la résection est suffisante ou si des traitements complémentaires sont nécessaires. Le principal risque des tumeurs de vessie est la récidive et une surveillance régulière par cystoscopie est toujours indiquée.

+ Fiche PDF AFU résection trans-urétrale de vessie

– Instillations dans la vessie de mitomycine C (Amétycine) ou de BCG

Une instillation consiste à mettre une solution médicamenteuse dans la vessie grâce à une petite sonde. Les instillations d’Amétycine ou de BCG permettent de réduire le risque de récidive des tumeurs de vessie. L’instillation ne dure qu’une minute mais on demande au patient d’attendre 2 heures avant d’uriner afin de permettre au produit d’être efficace. Les instillations sont répétées 6 à 8 fois à raison d’une par semaine. Dans certains cas, l’instillation est réalisée immédiatement après la résection de la tumeur (instillation post-opératoire précoce ou IPOP). Ces instillations visent à diminuer le risque de récidive et sont indiquées pour les tumeurs qui n’envahissent pas le muscle de la vessie mais sont multiples ou agressives.

+ Fiche PDF AFU (Instillations de BCG + instillations de mitomycine)

– Cystectomie totale

La cystectomie est le traitement de référence pour les cancers agressifs envahissant le muscle de la vessie. L’intervention consiste à retirer la vessie et la prostate chez l’homme. Chez la femme, la vessie, l’utérus, les ovaires et la face antérieure du vagin seront retirés. Un curage ganglionnaire (ablation des ganglions drainant la vessie) est réalisé pendant l’opération. Les urines issues des reins sont ensuite dérivées :

  • soit au niveau du ventre par l’intermédiaire d’un petit segment d’intestin grêle (intervention de Bricker),
  • soit en confectionnant un réservoir avec un segment d’intestin (entérocystoplastie de remplacement). Cette intervention permet d’uriner par les voies naturelles, comme avant l’opération, mais avec un risque possible de fuites d’urines ou de mauvaise vidange de la nouvelle vessie.

L’intervention est réalisée par voie chirurgicale ouverte ou, dans certains cas sélectionnés, par voie coelioscopique ou coelioscopique robot-assistée (Voir Coelioscopie).

Une chimiothérapie pourra être proposée avant l’intervention pour diminuer le risque de récidive ultérieure du cancer de la vessie (chimiothérapie néo-adjuvante).

+ Fiche PDF AFU cystectomie totale

– Autres traitements

Selon les résultats du bilan d’extension ou de l’analyse de la vessie, pourront être discutés une chimiothérapie, une radiothérapie ou une association radiothérapie et chimiothérapie